Ecrit le 07 Juillet 2008
Le FMI évalue le coût total de la crise financière mondiale à 945 milliards de dollars. Sur ce montant, 565 milliards concernent l'exposition directe des banques à la crise des subprimes, crédits immobiliers à risque. Les estimations ont cependant beaucoup évolué depuis le début de la crise et restent donc incertaines.
Le FMI chiffre à plus de 1000 milliards de dollars le coût de la crise financière
Il est difficile d'estimer le coût global de la crise financière qui a touché et touche encore le monde entier. Le Fonds Monétaire International (FMI) a cependant communiqué un chiffre : près de 1000 milliards de dollars ! Le montant exact de son estimation est de 945 milliards. Sur ce total, 565 milliards de dollars concernent l'exposition des banques à la crise des subprimes, credits immobiliers à risque américains.
La somme de 945 milliards de dollars regroupe quant à elle, toujours selon le FMI, « d'autres catégories de prêts et de titres initiés ou émis aux Etats-Unis et se rapportant à l'immobilier commercial et au crédit à la consommation et aux entreprises ». L'institution estime que « si l'on se place dans une perspective historique, cette crise, exprimées en dollars, est d'une amplitude comparable à la crise bancaire japonaise des années 1990 », chiffrée à environ 750 milliards de dollars.
Malgré les estimations du FMI, le coût de la crise financière est encore incertain
Les estimations restent cependant incertaines. Elles ont en effet considérablement évolué depuis le début de la crise financière, traduisant la difficulté du calcul. En juillet 2007, le président de la Réserve Fédérale Américaine Ben Bernanke déclarait : « Certains estiment que ces pertes s'élèvent entre 50 et 100 milliards de dollars ». En novembre de la même année, Christian Noyer, gouverneur de la banque de France, estimait le coût de la crise des subprimes à 250 milliards de dollars. Même après un an de crise financière, les avis divergent puisque Nouriel Roubini, consultant indépendant réputé, va jusqu'à doubler l'estimation du FMI.
Le FMI accuse Wall Street
Aujourd'hui, le FMI accuse Wall Street de n'avoir su évaluer l'ampleur de la crise financière. Le rapport du FMI dénonce une « prise de risque excessive », un « manque de rigueur » et réclame une réforme du mode de rémunération des cadres impliqués dans la gestion des « produits à risques ».
Wall Street se défend en accusant à son tour le FMI. Lors d'une assemblée, le ministre des finances brésilien Guido Mantega avait notamment déclaré : « le Fonds n'a pas eu grand chose à dire de constructif sur cette crise et a été très prudent dans ses recommandations et justifie cette prudence en arguant du caractère inédit des problèmes. »
Le nouveau directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn a quant à lui porté un regard plus neutre sur l'affaire et sur les leçons à tirer de la crise financière : « Les évènements survenus récemment sur le marché du crédit des pays développés ont montré que la stabilité financière nationale et internationale ne devait pas être considérée comme acquise. »