Ecrit le 24 Novembre 2009
La crise financière s'est traduite par le transfert de l'excès d'endettement des ménages qui ont un credit vers les Etats qui doivent garantir la dette des banques.
Schématisons la crise financière
Si on veut schématiser la dynamique de la crise financière, on peut la représenter comme le transfert de l'excès d'endettement, d'un agent économique à l'autre. Depuis 1995, l'endettement des ménages n’a fait que de croître dans beaucoup de pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, Espagne, Suède, Australie, Irlande et, à un moindre degré, France et Italie). Ce fut le moyen d'obtenir une forte progression de la demande intérieure et de la production.
Cette stratégie de croissance par l'endettement a conduit à l’explosion de la dette des ménages et par conséquent au risque de défaut des banques de détail ayant distribué ce credit à ces ménages. Le caractère excessif de l'endettement des ménages a été révélé, à partir de 2007. Les risques liés à l'excès d'endettement des ménages ne sont pas restés localisés dans les bilans des banques de détail. Ces banques les ont transmis en partie aux autres banques notamment aux banques d'investissement par l'émission de dette bancaire. Les Banques centrales jouaient le rôle de prêteur en dernier ressort.
Pour éviter des faillites massives des banques, les Etats ont garanti la dette des banques ou ont acheté leurs actifs risqués dit «toxiques» en les recapitalisant ou en les nationalisant, comme ce fut le cas au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, etc. Or, si les Etats ne devenaient pas plus solvables, plus personne ne pourrait re-solvabiliser les banques en difficulté, ce qui impliquerait l'arrêt de la distribution du credit... Plus personne ne pourrait lever de la dette, si la dette publique devenait aussi suspecte que la dette privée.
Règles actuelles dans la zone euro
Les règles interdisent le sauvetage d'un Etat en difficulté (clause de «no bail-out») et la monétisation des dettes publiques par la Banque Centrale Européenne. L'idée défendue par certains gouvernements, et par la BCE, est que le sauvetage d'un Etat ou la monétisation de sa dette publique créerait un «aléa de moralité» : les autres pays seraient incités à avoir des déficits publics excessifs puisqu'ils seraient finalement sauvés par la BCE. Pour garder la crédibilité de l'euro, en évitant les dérapages budgétaires de certains pays membres de la zone euro, il faudrait donc, si la situation se présentait, laisser un pays de la zone euro faire défaut, ou du moins être dans l'incapacité de continuer à se financer.
Faillite de Lehman Brothers : déclencheur de la crise
Le choix du Trésor des Etats-Unis de laisser Lehman Brothers faire faillite a été dicté par la même volonté d'éviter l'apparition d'un «aléa de moralité» concernant les banques d'investissement. La faillite de Lehman peut être considérée comme la cause de la superposition de la crise fin 2008 avec la crise de liquidité sur le marché intermédiaire. Finalement, la crise a montré la nécessité que les Etats puissent jouer le rôle de garant des dettes privées en dernier ressort, en particulier pour éviter des faillites bancaires.