Ecrit le 24 Novembre 2009
Avant tout développement sur les prets subprime, rappelons que le terme « subprime » est employé pour désigner une certaine forme de credit hypothécaire. Ce credit immobilier est gagé sur le logement de l'emprunteur (hypothèque), avec un taux d'emprunt variable au cours du temps.
• Les prets subprime avant la crise financière
Pour les créanciers, les prets subprime étaient considérés comme individuellement risqués mais globalement sûrs et rentables. Cette perception reposait sur une hausse rapide du prix de l'immobilier. Si un emprunteur ne pouvait plus payer, le prêteur récupérait son logement pour le revendre. Or, en 2007, près de trois millions de foyers américains étaient en situation de défaut de paiement.
• Les prets subprime depuis la crise financière
Aujourd’hui, selon une étude de John Krainer, économiste de la Banque de réserve fédérale de San Francisco (une des banques de la Réserve Fédérale Américaine), les prets subprime accordés aux ménages américains peu solvables atteignent actuellement 20% du total des nouveaux prets aux USA, la même part qu'en 2006, un an avant le début de la crise financière. L'économiste précise toutefois que le nombre d'attributions de prets subprime s'est considérablement réduit. «L'écriture de nouveaux prets hypothécaires a considérablement ralenti ces deux dernières années. L'endettement net des ménages adossé à un pret hypothécaire a reculé à chaque trimestre depuis début 2006, et est maintenant négatif pour la première fois depuis les années 1970».
John Krainer souligne que les prets subprime actuels sont différents des produits «subprime» accordés avant la crise. Désormais, «les trois organismes de refinancement hypothécaire parapublics apportent un soutien sans précédent au marché immobilier, détenant ou garantissant près de 95% des nouveaux prets hypothécaires résidentiels», explique l'économiste de la Fed.
Depuis la crise, les banques ne transforment plus les prets risqués en titres échangeables sur le marché tant qu'elles ne bénéficient pas d'une garantie de l'Etat. De ce fait, la qualité des produits titrisés est davantage contrôlée. Ce contrôle accru réduit donc les risques liés à la titrisation, une pratique qui n'est plus guère utilisée en dehors de ce type de prets immobiliers. L'économiste souligne toutefois un inconvénient à l'encadrement des pratiques bancaires : cette intermédiation pourrait entraver le retour à la normale du marché immobilier américain.