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Vers une reprise prochaine ?

Ecrit le 24 Novembre 2009

• L’économie mondiale renoue avec la croissance affirme l'OCDE


La reprise, venue d'Asie, demeure très dépendante des mesures de stimulation budgétaire et monétaire, prévient l'OCDE.


L'économie mondiale connaît une sortie de récession plus rapide qu'espérée il y a quelques mois et pourrait même avoir déjà renoué avec la croissance, estimait l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques le 3 Septembre 2009. Rappelons qu’être en période de récession signifie connaître une croissance négative du PIB pendant deux trimestres consécutifs.


L'activité économique devrait aussi renouer avec la croissance aux Etats-Unis au troisième trimestre, selon l'OCDE. Il devrait en être de même au sein de la zone euro où le retour à l'expansion en France et en Allemagne compensera les difficultés persistantes dans des pays comme l'Italie, l'Espagne ou l'Irlande.


L'OCDE s'attend à une croissance du PIB au troisième trimestre au sein de la zone euro après cinq trimestres consécutifs de contraction et anticipe une poursuite de la croissance au quatrième trimestre.


Selon la BCE, la croissance de la zone euro repartira en 2010. Jean-Claude Trichet, son Président, estime que l'économie est désormais entrée dans une phase de stabilisation. Il maintient le principal taux directeur au niveau historiquement bas de 1% depuis mai 2009. Ce taux détermine le niveau du credit dans la zone euro. Jean-Claude Trichet a aussi déclaré qu'il n'était pas encore question de mener une stratégie de sortie de crise. De quoi écarter l'hypothèse d'une prochaine remontée des taux. Les économistes n'attendent d'ailleurs pas d'évolution avant le troisième trimestre 2010. En effet, d'ici à la fin de l'année, la prime à la casse disparaîtra. Une aide qui a permis de soutenir la consommation des ménages en 2009.


• Croissance ne veut pas dire sortie de crise


Fin 2009, le risque d'un effondrement du système financier et d'une déflation mondiale a été contenu. Une reprise se dessine, partielle et hétérogène : la croissance s'élèvera à 7,5% dans le monde émergent contre 1,5% pour les pays développés en 2010.


Toutefois, croissance ne veut pas dire sortie de crise. La mécanique déflationniste du krach a été enrayée, mais la crise est très loin d'être finie. L'euphorie qui gagne à nouveau les marchés et les banques est extrêmement dangereuse. Elle témoigne en effet de la répétition des erreurs effectuées après le krach des nouvelles technologies et les attentats de 2001.


Certes le choc devient de moins en moins financier mais de plus en plus économique. La perspective d'une croissance est durablement ralentie par le désendettement et l'installation d'un chômage de masse touchant plus de 10% de la population active. Pour surmonter la crise, il faut avant tout résorber les déséquilibres structurels de la mondialisation. Le plus difficile reste à venir car il faut réformer le capitalisme universel dont la configuration originale exclut de pouvoir se reposer sur les recettes du passé.


De plus, les stratégies de reprise sont différentes aux quatre coins de la planète : il convient donc de les harmoniser. En effet, les États-Unis privilégient la production et la reconstitution de l'épargne des ménages, la Chine libère sa consommation intérieure grâce à la mise en place d'une protection sociale et l'Europe stimule l'activité et l'emploi.


Les gouvernements doivent planifier simultanément la normalisation des politiques économiques de soutien qui conduisent à une dette publique insoutenable de 150% du PIB pour le G15 en 2015 et à une dégradation des banques centrales réduites à l'état de vastes hedge funds. Il en va de même pour la protection de l'environnement.


• Des scénarios ‘catastrophes’ pour demain


Selon l'économiste et historien Nicolas Baverez, le capitalisme mondialisé ne dispose plus de moyens de défense face à un nouveau choc majeur, compte tenu de la situation des finances publiques et des banques centrales du monde développé. Dans le même temps, la dynamique des changements impulsés par la crise montre des signes d'affaiblissement, de l'enlisement progressif de l'Administration Obama sous la pression des lobbies à la difficile application des décisions du G20 en passant par la fin du gouvernement économique de l'Europe.


De là, trois scénarios sont envisageables : 


- Le premier réside dans l'implosion de la mondialisation après l'éclatement de nouvelles bulles spéculatives, comme au début du XXème siècle.


- Le deuxième consiste dans la fragmentation de l'espace économique mondial autour de grands pôles mêlant coopération et confrontation.


- Le troisième passe par des réformes structurelles du capitalisme universel.


La déflation des années 1930 ne trouva pas d'issue économique et ne fut dénouée que par le second conflit mondial, qui ouvrit l'espace pour les réformes de l'après-guerre organisées autour du fordisme et du keynésianisme, du plan Marshall et du système de Bretton Woods.


Aujourd’hui, la mobilisation tardive mais efficace de la politique économique a réussi à bloquer la spirale déflationniste mondiale. Le système du XXIème siècle est hétérogène et instable du fait qu’il soit multipolaire et sans hégémonie.


• Des solutions pour un avenir meilleur


Il reste à imaginer et mettre en place une gouvernance politique de la mondialisation face aux marchés et aux risques globaux y compris sanitaires ou environnementaux. L'Occident ne sera plus seul en situation de décider et sera concurrencé par des continents, des sociétés et des cultures ayant acclimaté le capitalisme sans pour autant reconnaître la liberté politique.


Selon M. Somavia, directeur général de l'organisation Juan Somavia, la crise doit être saisie comme l’"opportunité" de rééquilibrer la mondialisation devenue "inéquitable et non durable" en restaurant l'importance de l'économie réelle au détriment de la sphère financière.


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